Paire d'encoignures en laque de Chine. Paris, époque Régence, vers 1720
Paire d'encoignures en laque de Chine. Paris, époque Régence, vers 1720. Photo Marc-Arthur Kohn
Bâti de chêne, placage de bois violet, bois noirci, laques de Chine, bronzes dorés et marbre brèche d'Alep H. 91 cm, L. 72 cm, P. 55 cm - Estimation : 70 000 - 80 000 €
Paire d'encoignures à façade légèrement galbée, ouvrant par deux vantaux. Les montants à ressaut de bois noirci se détachent sur un fond de marqueterie à motif de chevrons en bois violet et se parent de délicates chutes de bronzes ajourés. Un panneau de laque de Chine orne chaque vantail. On y voit un paysage lacustre animé de personnages dans de légers édifices ou naviguant sur des embarcations diverses. Une élégante moulure de perles encadre ces scènes, ponctuées aux quatre coins du panneau d'agrafes rocailles échancrées. Le tablier très marqué en bois noirci ainsi que les sabots sont agrémentés de feuilles d'acanthe ajourées et déchiquetées en bronze ciselé et doré. Un plateau de marbre brèche d'Alep couronne l'ensemble. La discrétion du galbe et des ornementations de bronzes dorés, toutefois fortement découpées, caractérise une production du style Régence.
Pour répondre au goût de l'exotisme qui se manifeste vers la fin du XVIIe siècle, la France se dote au début du siècle des lumières d'une Compagnie de la Chine puissante, capable d'acquérir des marchandises orientales de qualité. Elle permet ainsi aux marchands-merciers de s'approvisionner directement sans passer par le marché hollandais. Vers 1720, le développement d'un comptoir à Canton facilite l'importation de panneaux chinois pendant quelques années, mais les meubles réalisés par les ébénistes parisiens avec de tels panneaux sont encore assez peu nombreux jusque dans les années 1730. L'intégration de panneaux en laque de Chine dans une marqueterie européenne est l'une des premières étapes dans l'évolution du meuble qui s'étend tout au long du XVIIIe siècle. Très vite, les panneaux en laque de Chine ou du Japon occuperont l'intégralité de la surface du meuble excluant dès lors le recours à la marqueterie.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Thibaut Wolvesperges, Le Meuble français en laque au XVIIIe siècle, éd. de l'Amateur, Paris, 2000
Marc-Arthur Kohn. Mercredi 16 novembre à 14h00. DROUOT-RICHELIEU SALLE 1. EMail : auction@kohn.fr - Tél. : +33 1 44 18 73 00

