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Alain.R.Truong
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26 août 2012

Pied de trône en cristal de roche. Epoque romaine d'Orient et d'Occident, IVe-VIe siècles

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Pied de trône en cristal de roche. Epoque romaine d'Orient et d'Occident, IVe-VIe sièclesPhoto Kohn

Cristal de roche. H. 7 cm, L. 11,5 cm, P. 7,5 cm - Estimation : 30 000 / 40 000 €

Cette patte de lion en cristal de roche provenait probablement d'un siège comme l'atteste le trou visible au sommet destiné à recueillir le montant de ce meuble.
Ce rare élément témoigne de la grande maîtrise technique des artistes romains et byzantins qui s'étaient fait une spécialité de la glyptique et notamment du travail de ce matériau si dur et résistant qu'est le cristal de roche.
Une telle destination de cette patte de lion griffue peut s'expliquer au regard des deux têtes de lion en quartz conservées au Musée de Cluny.

Les spécialistes ont admis que ces têtes, datées entre la première moitié du IVe siècle et la seconde moitié du VIe siècle, constituaient à l'origine des ornements de sièges, trônes impériaux ou consulaires.
Ce type de mobilier se retrouve notamment dans des monnaies émises entre le IVe et le Ve siècles où des personnifications de Rome ou de Constantinople reposent sur de tels sièges.

Le trône du Christ figurant sur le sarcophage de Junius Bassus daté de 359 et le « Trône de Dagobert » se parent également de ce décor de lion.

Ces divers exemples montrent que les têtes de ces animaux étaient à l'origine solidaires avec le piètement traité en griffe. Certains auteurs ont fait le rapprochement entre ces têtes de lion et la Bible, l'animal étant associé au trône de Salomon. D'autres indiquent que, dans un contexte oriental, ces sièges tireraient leurs origine de la Syria Dea dont le culte se diffusa dans une grande partie de l'Empire et qui trônait entre deux lions ; à ce titre, voir dans ces sièges une ascendance féminine serait renforcée par la personnification des villes sur les monnaies citées plus haut. Tout comme les oeuvres de Cluny, il est difficile d'établir un lieu précis de fabrication, oscillant entre l'Empire romain d'Orient et d'Occident. Quant à la datation, celle-ci se base sur la présence permanente des motifs ornementaux de trônes sur plusieurs types d'objets entre le IVe et le VIe siècles.

Références bibliographiques: Jean-Pierre Caillet, L'Antiquité Classique, le haut Moyen-âge et Byzance au Musée de Cluny, éd. RMN, Paris, 1985.

Kohn. Samedi 15 septembre 2012. Hôtel Le Bristol, Salon Castellane - 112, rue du Faubourg Saint Honoré - 75008 Paris. http://www.kohn.fr

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