5 pièces de Jacques Jarrige chez Tajan, le 14 mai.
Jacques Jarrige (né en 1962) Console "Parade",2003
A structure en bronze formant piétement en cornières et ceinture d'un seul mouvement, éléments en ressauts formant base de branchages, à patine dorée brossée, fond noir, plateau rectangulaire en palissandre. Signée. Haut. 58 cm - Plateau. 114 x 35 cm . Estimation : € 2,500-3,000
Jacques Jarrige (né en 1962) Petite table basse "Odalisque",2003
Structure de forme libre en bronze à double patine cuivrée, piétement tripode en découpe. Plateau amovible en médium laqué noir. Signée. Haut. 42,2 cm - Plateau. 54,5 x 45 cm . Estimation : € 1,500-2,000
Jacques Jarrige (né en 1962) Table basse "Odalisque",2003
Structure de forme libre en bronze à patine noire, piétement quadripode en découpe. Plateau en palissandre. Signée. Haut. 42,2 cm - Plateau : 96 x 50 cm . Estimation : € 2,000-3,000
Jacques Jarrige (né en 1962) Lampadaire "Torquemada"
Structure en frêne, piétement tronconique laqué rouge d'où s'élève un fût galbé et façonné en bois laqué noir soutenant un abat-jour tronconique en perpex ivoire. Signé. Haut. 188,2 cm . Estimation : € 1,000-1,500
Jacques Jarrige (né en 1962) Sellette "Torquemada"
Structure en frêne laqué noir présentant quatre hauts pieds graciles se rejoignant en arc de cercle sur la ceinture, plateau supérieur laqué rouge. Signée. Haut. 67,5 cm - Plateau. 37,1 x 29 cm Estimation : € 1,000-1,500
TAJAN. ART & DESIGN SANS FRONTIÈRES. 14 mai 2009 19:00, Espace Tajan www.tajan.com
Né à Paris en 1962, Jacques Jarrige découvre très tôt l’univers des formes, et la peinture du début du siècle grâce à un père collectionneur et amateur d’art. Ces impressions d’enfance, cette intimité quotidienne avec les œuvres furent suffisamment profondes pour devenir, comme l’a dit Rilke “Sang, regard, geste”, pour passer du souvenir à la création. De là sans doute est né ce sens aigu de l’espace, ce goût de la construction qui le poussent d’abord vers des études d’architecture. Mais très vite il comprend qu’il ne peut se satisfaire seulement de plans, d’un espace abstrait et mental. L’épure sur une feuille de papier ne lui suffit pas et la nécessité de faire par lui-même, de travailler directement avec la matière s’impose.
A partir de dessins auxquels il souhaite donner corps, il commence à faire plier le fer et le bois à l’aide d’un outillage très simple. Dans la solitude de son atelier, il prend le risque de se mesurer à la résistance des matériaux, apprenant ainsi son métier d’artiste-artisan, comme il aime à le revendiquer. De cette vraie confrontation va naître peu à peu un vocabulaire technique et formel tout à fait personnel. Fer, bois, pierres, miroirs, plomb, laiton, pièces mécaniques ondulent au gré de la fantaisie de Jacques Jarrige. Rien de capricieux cependant, d’inutile ou d’insignifiant dans ces formes nouvelles qui ont toujours la grâce et le “naturel” d’une efflorescence.
C’est à la galerie “En attendant les Barbares” que Jacques Jarrige, comme bien d’autres artistes des années 80, pourra s’épanouir, en cela dégagé et encouragé par Frédéric de Luca qui a su avec un œil très sûr réunir autour de lui toute une “famille” de jeunes créateurs.
Une première exposition en 1989 aux Entrepôts de Bercy, avec un ami peintre Frédéric Monnet lui permet d’expérimenter le dialogue entre ses meubles, la peinture et l’espace d’un lieu vivant et intense voué à une destruction prochaine.
Le bois présent par touches devient matière “première”. Au départ envisagé comme un plan à sculpter et à travailler, il gagne en volume et en épaisseur. Deux expositions à la galerie “En attendant les Barbares” témoignent de cet épanouissement du vocabulaire de Jacques Jarrige entre 1991 et 1993.
Désormais, après avoir aggloméré et collé des plaques de médium pour constituer une masse, il sculpte, enlève et creuse dans l’épaisseur pour que ses meubles prennent forme. C’est en laissant place au vide que le “plein” de la matière se condense et respire, que les lignes se tendent et vibrent. Il lui reste à teinter, vernir, et patiner pour achever la “transmutation” : vouer à la légèreté ce qui était lourd, à la profondeur ce qui était plan.
Aujourd’hui cette démarche s’est affirmée dans la recherche de l’équilibre entre vide et plein, espace et matière.
Qu’il métamorphose le métal ou le bois, Jacques Jarrige garde toujours le souci de la fonction première du meuble, le désir d’y répondre par des solutions artisanales, ingénieuses, en un mot originales. Et les objets tranquilles nés de cette alchimie habitent la maison de leur présence silencieuse et légère, comme pour mieux vous inciter à cultiver “le sens amical du quotidien”... Jérôme Godeau, Paris, octobre 1997 (Catalogue Hôtel de Ville de Paris 1997) www.jacquesjarrige.com




