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Alain.R.Truong
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20 avril 2012

Le succès de la vente de la collection Jourdan-Barry conduit l’orfèvrerie française à un nouveau sommet chez Sotheby’s

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 Ecuelle couverte et son présentoir en vermeil par Thomas Germain, Paris, 1722- 1723Photo Sotheby's

Paris – Avec plus de 4 millions €, les deux ventes d’orfèvrerie organisées à la galerie Charpentier ont remporté un réel succès face à une salle  comble. Ce résultat remarquable est l’un des plus forts de l’histoire des ventes d’orfèvrerie chez Sotheby’s à Paris.

Selon Thierry de Lachaise, Directeur européen du département d’Orfèvrerie chez Sotheby’s : « Devant une salle comble et de nombreux enchérisseurs au téléphone dont beaucoup enchérissait pour la première fois, l’hommage rendu au goût très sûr et personnel de Monsieur Pierre Jourdan-Barry et de son père a été évident. Beaucoup de lots ont dépassé leur estimation haute, notamment, une élégante cuillère à pot par Edme-Pierre Balzac au style intemporel qui a été adjugée 144.750 € contre une estimation haute de 60.000 € (lot 19)* ».

L’enchère la plus élevée a récompensé une rarissime écuelle couverte et son  présentoir dans un écrin en vermeil par Thomas Germain datant de 1722, emportée 540.750 € (lot 89). Véritable découverte, cette pièce est la première œuvre connue du plus célèbre orfèvre parisien du XVIIIe siècle. Thomas Germain introduisit dans le goût français le style Rocaille qu’il avait découvert pendant son séjour à Rome.

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 Ecuelle couverte et son présentoir en vermeil par Thomas Germain, Paris, 1722- 1723.  Photo Sotheby's

les oreilles ciselées de rinceaux, rubans, guirlandes de fleurs d'acanthe sur fond amati, les extrémités agrafées de coquilles, le couvercle à bord mouluré d'une frise d'oves, la doucine soulignée d'une frise festonnée de postes amaties ; la prise en bouton rayonnant reposant sur une terrasse de godrons ceinturée d'une frise ciselée de quartefeuilles dans des motifs losangés amatis, le présentoir à bord mouluré d'une frise d'oves, dans un écrin en maroquin noir gainé de daim rouge. Long 31 cm, 1 845 g ; 12 1/4 in, 59oz 6dwt. Estimation  500,000-700,000 EUR Lot vendu: 540,750 EUR à un collectionneur privé européen

An exceptional French silver-gilt ecuelle, cover and stand, Thomas Germain (mark difficult to read), Paris, 1722-1723; the handles chased with scrolls, ribbons and rosettes on matted ground, shell finials, the cover with ovolo border, the cover with a matted frieze of scrolls, the gadrooned finial on gadrooned terrace with a chased frieze of quartefoils within motives shaped as lozenges on matted ground, the circular stand with ovolo border

PROVENANCE: Vente Couturier, Paris, 21 février 1978, n° 99, où les poinçons d'orfèvre et de jurande sont décrits comme illisibles.

NOTE DE CATALOGUE

L'écuelle dans l'oeuvre de Thomas Germain
Au regard des connaissances actuelles, cette écuelle est la pièce civile la plus ancienne que l'on connaisse de cet orfèvre, le plus célèbre de tous les temps avec Benvenutto Cellini. Outre six écuelles répertoriées entre 1735 et 1748 et aujourd'hui disparues, seules deux écuelles de sa main subsistent : l'une, également en vermeil, gravée aux armes du cardinal Motta da Silva, datant de 1733-1734, est aujourd'hui dans les collections du musée du Louvre. La seconde, 1735-1738, présentant un couvercle assez proche de celle du Louvre, avec un présentoir associé postérieur par Antoine Plot, a figuré dans la vente Sotheby's Genève du 12 novembre 1985, sous le numéro 39, puis dans la collection Pierre Jourdan-Barry, illustrée dans l'ouvrage Orfèvrerie française, la collection Jourdan-Barry, n° 164, p. 67.

Nous avons mis en présence notre écuelle avec celle du Louvre grâce à l'amabilté de Marc Bascou et Michèle Bimbenet-Privat.

Les analogies au niveau de la frise de postes du couvercle de l'écuelle du Louvre et la nôtre sont nombreuses, même s'il est difficile d'établir de façon péremptoire qu'il s'agit de la même main. Cependant, il ne faut pas oublier que celle du Louvre est postérieure de plus de dix ans. La nôtre inscrit parfaitement son iconographie dans la période Régence. La qualité de la frise de quartefeuilles autour de la prise du couvercle est empreinte d'une indéniable virtuosité.

D'autre part, la frise d'oves du bord de notre présentoir est extrêmement proche de celle du bord du plateau de l'écritoire du cardinal da Cunha, également au Louvre. Celle de la collection Jourdan-Barry présente une qualité qui la place derechef entre les mains d'un très grand orfèvre.

Autre point de concordance, le poids très dense, que l'on note également sur celle du Louvre, en particulier en ce qui concerne les couvercles.

Les poinçons, bien que peu lisibles, permettent de lire en partie le poinçon d'orfèvre à l'intérieur du couvercle. La lettre T est très lisible à gauche, et la partie du différent lisible indique la présence de la Toison d'Or, différent très particulier de Germain. Nous avons recherché scrupuleusement les orfèvres de cette époque qui pourraient adhérer à cette partie de poinçon et seul Thomas Germain peut y prétendre.

Thomas Germain
La vie et l'oeuvre de cet orfèvre, le plus illustre du XVIIIe siècle, ont surtout été étudiées dans deux publications, celle de Germain Bapst, dans ses Etudes sur l'Orfèvrerie française au XVIIIe siècle, les Germain Orfèvres-Sculpteurs du Roy, Rouam, 1887 et celle, plus axée sur son fils François-Thomas, menée par Christiane Perrin, François-Thomas Germain, orfèvre des rois, Monelle Hayot, 1993.

Thomas est né en 1673 à Paris. Il est fils et petit-fils d'orfèvres, tant du côté paternel que maternel. Son père Pierre avait épousé Marguerite Décour d'où naquirent sept enfants, Thomas étant l'aîné. Il a onze ans lorsque son père meurt. Son oncle et tuteur le place chez le peintre Bon Boulongne.
A l'âge de 15 ans, il est envoyé, sous l'égide de Louvois, directeur général des Bâtiments, à Rome pour parfaire sa formation. Il y restera jusqu'en 1701. Une de ses oeuvres peut encore y être admirée: la balustrade en bronze de l'autel de Saint Ignace dans l'église du Gesù. Le sculpteur Pierre Legros II reçoit, fort jeune, cette commande des Jésuites en 1698 et il s'adjoint la compétence de Thomas pour le parement des statues représentant des putti. Ce travail inspirera certainement l'orfèvre dans sa commande pour la cour du Portugal où il reprendra ce thème pour les chandeliers à décor de pommiers. Germain fréquentera à Rome l'atelier de l'illustre Giovanni Giardini. C'est dans la ville éternelle qu'il glanera les décors baroques qu'il adaptera à l'orfèvrerie pour la faire entrer dans le style rocaille dès la fin des années 1720.

Peu de temps après son retour à Paris, il reçoit, en 1706, la commande d'un encensoir en argent pour la chapelle de Fontainebleau, puis entre 1716 et 1718, celle d'un ostensoir en argent et d'un grand ensemble de quatre piquecierges et un crucifix en bronze pour le maître-autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il est intéressant de noter que Thomas Germain n'a pas encore accédé à la maîtrise, bien que dénommé orfèvre-sculpteur du Roi dès 1706! Il est reçu maître le 30 janvier 1720 sous la caution de son beau-frère Léonor Lagneau. Dès 1723, il est confirmé sculpteur-orfèvre du Roi. Nommé orfèvre privilégié, il a le droit de fournir des pièces en bronze doré comme des girandoles pour une cheminée ou des chenêts. En 1722, il fournit le "grand soleil" (ostensoir) que le Roi offre à la cathédrale de Reims à l'occasion de son sacre. En 1723, il habite les Galeries du Louvre. En 1727, il livre au Roi deux saucières et un moutardier en or. Selon son fils, Thomas est " bon sculpteur, bon modeleur, bon dessinateur et bon architecte". Sur ses plans est bâtie en 1738 l'église Saint Thomas du Louvre qui deviendra Saint Louis du Louvre, avant d'être démolie en 1811. Thomas Germain y sera inhumé. Il est également l'auteur d'un traité de géométrie. En 1724, Thomas s'installe rue des Orties, contre le Louvre ; son atelier restera là plus de quarante ans, occupant près de d'une vintaine d'ouvriers. La raison de ce déménagement était qu'il était impossible d'aménager des forges dans les galeries du Louvre. Thomas Germain n'a, semble-t'il, jamais fait appel à des sous-traitants. Tous ses contemporains s'accordent pour louer sa conscience professionnelle. Germain Bapst relève les propos de l'Abbé Lambert: il ne laissait jamais rien paraitre qui ne fut de sa composition et qui n'ait jamais été dessinné, modelé et ciselé de sa main". Mendes de Gois, le diplomate portugais, écrit à son propos cet homme travaille jour et nuit comme un galérien.

Thomas Germain se partageait avec Besnier et Claude II Ballin les commandes du Roi, mais il semble que sa clientèle étrangère ait été plus considérable. A partir de 1745, il obtient des commandes de la marquise de Pompadour dont des "flambeaux à figure" dits flambeaux Dianne Pompadour.
Entre 1725 et 1733, Germain livre cinq services de toilette à des cours étrangères et deux cadenas en or à l'empereur Charles VI d'Autriche. A la cour de France, il est le fournisseur exclusif des hochets des princes et fournit aussi des pommeaux de cannes.
Les commandes de la ville de Paris affluent à partir de 1734, année où elle demande à Germain d'exécuter la petite épée en or pour le Dauphin, puis, en 1739, quatre douzaines d'assiettes en vermeil à destination de l'architecte Gabriel, en 1739 et 1741 des écritoires pour les avocats généraux d'Ormesson et Gilbert de Voisins. En 1738, il est élu échevin.
Pierre Germain, l'auteur homonyme, en 1748, des Eléments d'Orfèvrerie, appelé le Romain, n'a aucune parenté avec Thomas, mais il travailla dans son atelier au moins en 1726-1727.

En 1736, il commande à Nicolas de Largillière le double portrait le représentant avec Anne-Denise Gauchelet, sa femme, aujourd'hui au musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne.
Sa réputation est universelle et même Voltaire chante ses louanges: 

Et toute votre orfèvrerie
Et ces plats si chers que Germain
A gravés de sa main divine/
Et cet argent fut poli par Germain/
A son souper un surtout de Germain
Et trente plats chargeaient sa table ronde.

En 1739, il reçoit la commande d'une paire de girandoles à cinq lumières en or pour le Roi Louis XV destinées à sa chambre dans son appartement intérieur à Versailles. Il la livrera en 1748, peu de temps avant sa mort qui aura lieu le 14 août 1748

Lors de la vente après décès de sa femme, le 11 décembre 1758, on relève un mobilier de bon aloi dont armoire et bibliothèques de Boule, des tableaux d'Oudry et Van Loo, des vases peints par Rubens, des bagues de brillants, collier de perles, un clavecin et des liqueurs de la Martinique.

On retrouve les oeuvres de Thomas Germain dans les peintures d'Alexandre-François Desportes (1661-1743). Son influence sera également visible dans l'orfèvrerie étrangère, par exemple à Londres (George Wickes), à Copenhague ou à Rome (Luigi Valadier).

Quelques-unes des oeuvres de Thomas Germain dans les musées

France
Louvre: l'écuelle en vermeil pour le cardinal Motta da Silva, l'écritoire pour le cardinal da Cunha (1746), une théière pour le vicomte Bateman (1735), une paire de seaux à rafraîchir (1727) et un plat à ragoût du service Penthièvre, une terrine couverte (1744), un flambeau de bureau en vermeil (1747), une paire de salières (1734) et une paire de flambeaux (1732).
Arts décoratifs: encensoir en bronze doré signé de Germain
Angers: paire de burettes et leur plateau (1741), trésor de la cathédrale.

Portugal
Arte antigua: le surtout du duc d'Aveiro (1729)
Gulbenkian : aiguière en jaspe montée en or attribuée à Thomas Germain

Autres
Détroit: terrine couverte en argent et son dormant attribuée à Germain bien que sans poinçon de maître (1729)
Getty : terrine couverte (1744) et paire de terrines non couvertes et leurs plateaux (1726)

Clientèle de Thomas Germain
Portugal:  le roi Joao V, la princesse du Brésil, les cardinaux Motta da Silva et da Cunha
Angleterre:  le vicomte Bateman, le comte de Berkeley, Lord Ballimbrock
Allemagne:  le Grand Electeur de Cologne, le duc d'Arenberg
Espagne:  la reine
France: le roi Louis XV, la reine, les financiers Samuel Bernard, Bonnieu de la Mosson, Pajot d'Osembray
Italie: le roi et la reine des Deux-Siciles

Sotheby's remercie vivement Michèle Bimbenet-Privat et Bernard Causse pour leur aide précieuse.

Elle fut suivie par celle obtenue par une terrine couverte, sa doublure et son présentoir par Jean-Baptiste Chéret, Paris, 1784-1785 aux armes d’une couronne ducale et du collier du Saint-Esprit. Estimée 40.000/60.000 €, cette pièce, surmontée d’une prise en forme de chou-fleur reposant sur un bouquet de céleri et navet, a été disputée jusqu’à 156.750 € (lot 66)

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Aiguière et bassin en argent par Jean Delane, Bayonne, vers 1734-1735. Photo Sotheby's

le corps ovale reposant sur quatre pieds à attaches en feuilles de céleri, les deux anses formées de rameaux de laurier, le corps cintré d'une frise de feuilles et baies de laurier et appliqué à deux reprises d'armoiries timbrées d'une couronne ducale et du collier du Saint-Esprit, le couvercle à bord cordé, la doucine cintrée d'une frise de feuilles et baies de laurier, la prise en forme de chou-fleur reposant sur un bouquet de céleris et navet, la doublure unie à deux anses ajourées gravée aux mêmes armes, le présentoir ovale à bord mouluré d'une frise de feuilles et baies de laurier, le centre gravé aux mêmes armes, inscrits à l'encre à l'intérieur du corps, sous le marli du présentoir et à l'intérieur du couvercle DW 33; 46,5 cm, 5 304 g ; 18 1/4 in, 170oz 11dwt - Estimation 40,000-60,000 EUR. Lot vendu: 156,750 EUR à un ecollectionneur privé asiatique.

A French silver soup tureen, cover, liner and stand, Jean- Baptiste Chéret, Paris, 1784-1785. the oval body resting on four foliage feet, the handles chased as laurel branches, the body applied with a band of laurel leaves and berries and twice with coat-of-arms below Duke coronet, the cover with rope border, the finial shaped as a cabbage on vegetable terrace with celery and turnip, the plain liner engraved with the same arms, the oval stand with laurel leaves and berries border, engraved in the centre with the same coat-of-arms

PROVENANCE: Vente Chasles, Hôtel Drouot, Lair-Dubreuil -16-18 décembre 1907, lot 193
Vente Linzeler, Hôtel Drouot, Paris 1921
Collection D. David-Weill, n° 33
Galerie Kugel

LITTERATURE: Henri Nocq, Le poinçon de Paris, vol 1, p. 261 (collection D. David-Weill)
Mémoire de DEA de Sophie Fontaine - Septembre 2004, tome II, p. 118-119 et 121, n° 45 et suivants

Pour le pendant de la paire (fretel en graine d'artichaut):
Vente Eudel 1884, Catalogue 60 planches, pl. 50
Vente Christie's, 13 mai 1964 - lot 38
Vente Engelhardt, Christie's New York, 18 octobre 1995, n° 69
Pour une copie de cette soupière par Robert Linzeler: voir vente Piasa, Paris, 24 juin 2008, lot 192
Pour une autre terrine, également avec prise en chou-fleur, datée de 1782-1783, voir vente Audap, Godeau et
Solanet, Paris, 26juin 1989, n° 153.
Nous remercions vivement Bernard Causse pour son aide à la rédaction de cette notice.

NOTE DE CATALOGUE: Aux armes de D. Fr. Duarte de Sousa Countinho de Mata (1719-vers 1790), commandeur de l'Ordre de Malte pour les commanderies portugaises d'Abreiro, Alvaçoès, Fregim, Freixel et Poiarès, fils de Luis Vitorio de Sousa Coutinho da Mata, 9e maître des postes du royaume du Portugal de 1696 à 1755

La collection comprenait également des pièces aux poinçons des différentes régions de France, berceaux d’une production d’orfèvrerie de belle qualité aux XVIIe et XVIIIe siècles : une aiguière, attribuée à Gérard Le Tourneur, exécutée à Reims en 1670-1671, a dépassé à 111.150 € l’estimation haute (lot 142), et une aiguière et son bassin, par Pierre I Tudier, Béziers, 1745-1746, s’est vendue 106.350 € (lot 121)

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Aiguière en argent, poinçon attribué à Gérard Le Tourneur, Reims, vers 1670-1671Photo Sotheby's

reposant sur un piédouche à doucine orné de deux frises godronnées, l'ombilic ciselé d'une frise de palmettes alternant avec des rinceaux et grains, le corps martelé, le col orné de deux frises de godrons, l'anse courbe centrée d'une bande de godrons (étiquette PJB 101). Haut. 19,6 cm, 453 g ; 7 3/4 in, 14oz 11dwt - Estimation 70,000-100,000 EUR. Lot vendu: 111,150 EUR à un Marchand européen

A rare French silver ewer, maker's mark attributed to Gérard Le Tourneur, Reims, circa 1670-1671; resting on spreading foot with two gadrooned bands, the terrace chased with a palm frieze, hammered body, the neck with two gadrooned bands, the handle centred with a gadroon frieze

EXHIBITED: Cette aiguière a été exposée au musée de Nancy lors de l'exposition du trésor de Pouilly sur Meuse en 2011-2012.

LITTERATURE: Illustrée dans Trésors Enfouis de la Meuse, Autour de Pouilly sur Meuse, RMN, 2011, p. 42.
Pour une aiguière rémoise par Claude Lépicié vers 1610-1620, très similaire, aujourd'hui au musée Saint-Rémi de Reims, voir Michèle Bimbenet-Privat, l'Orfèvrerie Parisienne de la Renaissance, 1995, p. 63, n° 40 et Trésors enfouis de la Renaissance, Autour de Pouilly-sur-Meuse, RMN, 20011, p. 71.

NOTE DE CATALOGUE: Cette aiguière avait précédemment été datée par nous vers 1620, sur des critères purement stylistiques. Cependant, d'après les recherches menées par le docteur Thierry Mulette sur Reims, la lettre date N ici insculpée semble être celle d'un alphabet postérieur, a priori 1670. Toutefois, si l'on compare notre aiguière avec celle du musée Saint-Rémi de Reims, également rémoise et par Claude Lépicié, datée vers 1610-1620, les points de comparaison sont pléthore, tant au niveau du bec que du piédouche ou des bords godronnés et de la frise godronnée courant sur l'anse. Enfin, à l'heure actuelle, nous ne connaissons pas les dates d'activité de Le Tourneur, mais il est tout à fait possible que sa carrière ait débuté au moins 25 ans auparavant. La légèreté de cette aiguière et son iconographie laissent ouverte la possiblité d'une datation antérieure

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Aiguière et son bassin en argent par Pierre I Tudier, Béziers, 1745-1746Photo Sotheby's

l'aiguière reposant sur un piédouche mouluré de filets enrubannés, le registre inférieur du corps repoussé d'une scène marine représentant Neptune sur son char orné de coquillages tiré par des chevaux, accompagné de tritons et néréides sonnant dans des buccins, un putto apportant au dieu sa couronne, un autre dans une nuée se bouchant les oreilles, deux autres déversant des fleurs d'un nuage, sur fond amati, cintré d'une frise de filets enrubannés, le col ciselé de vagues et rinceaux, le bec verseur soutenu d'une coquille, la partie centrale unie gravée d'armoiries d'alliance timbrées d'une couronne de marquis, le couvercle ciselé de canaux torses, la prise en bouton, l'anse en console moulurée de filets, le bassin à bord chantourné mouluré d'une frise de filets enrubannés, le centre gravé des mêmes armes d'alliance (étiquette PJB 01). Haut de l'aiguière 25 cm, 2 341 g ; 9 3/4 in, 75oz 5dwt. Estimation 80,000-120,000 EUR. Lot vendu: 106,350 EUR à un Collectionneur privé asiatique

A French silver ewer and basin, Pierre I Tudier, Béziers, 1745-1746; the ewer on spreading foot with reed and tie border, the body embossed with a scene representing Neptune on his charriot decorated with shell and pulled by horses, accompanied by tritons on matted ground, putti in the clouds, one putting his fingers in his ears, two throwing flowers, the last one bringing the crown to the god, the neck chased with waves and scrolls on matted ground, engraved with accolé coats-of-arms and Marquis coronet, the basin with reed and tie border, the centre engraved with the same coats-of-arms

EXHIBITED: Musée languedocien, Montpellier, juin 1996.

LITTERATURE: Pour l'aiguière : Jacques Helft, le Poinçon des Provinces Françaises, pl. LII, B
Laurent Deguara, Orfèvrerie de Montpellier et du Languedoc, p. 121.
P. Fuhring, M. Bimbenet-Privat, A. Kugel, Orfèvrerie française, la collection Jourdan-Barry, J. Kugel, 2005, n° 201, où,
par inversion, le bassin est donné à Pierre Miston de Montpellier.

NOTE DE CATALOGUE: Aux armes d'alliance de la famille de Veissière (Montpellier) et Costa (Languedoc) pour Jean-Louis de Veissière (mort en 1749), conseiller à la Cour des aydes et comptes de Montpellier ou pour son frère Pierre de Veissière, procureur du roi, tous deux fils de Pierre-Michel de Veissière, surnommé Brandille, conseiller à la Cour des comptes et aydes de Montpellier et de son épouse Anne de Saporta.

Le décor en repoussé de cette aiguière est excessivement rare, a fortiori sur une pièce provinciale. Pour une aiguière par François Joubert, Paris, 1773, présentant un décor en repoussé d'un nabab assis dans un char tiré par des cygnes, voir Sotheby's Paris, 15 décembre 2004, n° 178.

Les poinçons insculpés sur les deux pièces sont, outre celui de l'orfèvre, le poinçon de jurande (lettre F) qui est insculpé à partir de 1743. Jean Thuile note dans l'Orfèvrerie en Languedoc, vol. I , p. 225 que les poinçons de gouvernement royal, coeur et losange couronnés, sont en usage à partir de 1745, d'où notre datation, l'année 1746 voyant étrangement apparaitre un nouvel alphabet

Enfin, une aiguière et bassin en argent par Jean Delane, Bayonne, vers 1734-1735 (lettre L) a emporté la deuxième plus haute enchère de l’après-midi à 186.750 € (lot 175). Les poinçons du début du XIXe siècle présents sur l’aiguière mais absents sur le bassin indiquent que cet ensemble a été séparé dès la fin du XVIIIe siècle ; il n’a pu être réuni que récemment par Pierre Jourdan-Barry.

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 Aiguière et bassin en argent par Jean Delane, Bayonne, vers 1734-1735. photo Sotheby's

l'aiguière reposant sur un piédouche ciselé d'une frise de feuilles d'eau sur fond amati, le registre inférieur du corps appliqué d'une frise de feuilles de laurier alternant avec des bouquets de joncs sur fond amati, le col gravé d'une frise de quartefeuilles enserrant un masque de divinité fluviale, le couvercle formé d'une coquille richement ciselée, l'anse en double console ciselée de feuillages et sommée d'une tête de femme dont les nattes s'emmêlent en entrelacs sur l'anse, le bassin à bord godronné, le marli gravé de panneaux de quartefeuilles alternant avec des rosaces et des entrelacs sur fond amati (étiquette PJB 2). Haut de l'aiguière 25,5 cm, 2 227 g ; 10 1/4 in, 71oz 12dwt. Estimtion  100,000-150,000 EUR. Lot vendu: 186,750 EUR à un Collectionneur privé asiatique

A French silver ewer and a basin, Jean Delane, Bayonne, circa 1734-1735 (date letter L); the ewer on spreading foot chased with a band of water leaves on matted ground, the body applied with a frieze of laurel leaves and bunches of reeds, the spout chased with marine god mask, the shell cover richly chased, the double scroll handle applied with female head, her hair entertwinning on the handle

PROVENANCE: Pour l'aiguière: collection Karl Lagerfeld, Christie's Monaco, 29 avril 2000, n° 270.

LITTERATURE: Pour l'aiguière : P. Fuhring, M. Bimbenet-Privat, A. Kugel, Orfèvrerie française, la collection Jourdan-Barry, J. Kugel, 2005, n° 158 et Christiane Perrin, François-Thomas Germain, l'Orfèvre des Rois, 1993, p. 180.

NOTE DE CATALOGUE: Pour un couvercle d'aiguière comparable, voir celle de Louis Regnard, Paris, 1733-1734, illustrée dans Magie de
l'orfèvrerie, Anvers, 2000, n° 235.
Pour une anse identique, voir les aiguières de Pierre Soulaine (Paris, 1722) et Louis Cordier (Paris, 1729) illustrées dans P. Fuhring, M. Bimbenet-Privat, A. Kugel, Orfèvrerie française, la collection Jourdan-Barry, J. Kugel, 2005, n°112 et 137.
Les poinçons du début du XIXe siècle présents sur l'aiguière mais absents sur le bassin indiquent que cet ensemble a été séparé dès la fin du XVIIIe siècle ; il n'a pu être réuni que récemment par Pierre Jourdan-Barry.

Durant la matinée, la vente de divers amateurs d’orfèvrerie, de boîtes en or et objets de vitrine avait totalisé 1.13 millions €. Les pièces d’orfèvrerie allemande,  en particulier de Nuremberg, furent les plus convoitées de cette première partie. Un ensemble de quatre écussons en argent et vermeil de la corporation des fondeurs par Christoph Ritter III, Nuremberg, 1656, a dépassé à 106.350 € son estimation haute de 90.000 € (lot 117), et le cadeau de l’empereur germanique Mattias, une grande aiguière en vermeil par Michael Müllner, vers 1618, a été emporté à 84.750 € (lot 118).

La surprise de cette matinée est venue du prix obtenu par une coupe en argent, Venise, milieu du XVIe siècle, qui a décuplé à 82.350 € l’estimation basse de 8.000 € (lot 121)

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Coupe en argent, poinçon de maître ILS entrelacés, Venise, milieu du XVIe siècle. Photo Sotheby's

le centre gravé d'armoiries dans un cadre feuillagé, incluant les initiales de son commanditaire et ses emblèmes. Diam. 23,7 cm, 400 g ; 9 1/2 in, 12oz 16dwt. Estimation 8,000-12,000 EUR. Lot vendu: 82,350 EUR

An early Italian parcel-gilt silver circular tazza, maker's mark ILS conjoined, Venice, mid-16th century; centred by armorial cartouche enclosed by leafy border, incorporating owner's initials and symbols

PROVENANCE: Sotheby's Genève, 14 novembre 1988, n° 89

NOTE DE CATALOGUE: At the sale in 1988 the tazza formed part of a very early group of Venetian and Italian pieces (lots 87-90) including a gothic jug and footed bowl. A comparable group of mainly early Venetian pieces sold Sothebys Paris, 25 November 2010, lots 358-362. Another Venetian jug from this latter group which had been owned by a family from the island of Patmos, is now in the Art Institute of Chicago and was illustrated in the 2010 Sothey's catalogue. Another Venetian dish with the same marks as the Chicago jug was sold Sothebys Geneva 8 May 1989, lot 61

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