Très rare coffret rectangulaire à jeux. Signé Mariaval le Jeune, à Rouen, fecit. Première moitié du XVIIIe siècle
Très rare coffret rectangulaire à jeux. Signé Mariaval le Jeune, à Rouen, fecit. Première moitié du XVIIIe siècle. Photo Christian BARAJA
à âme de bois, gainé de maroquin à décor gaufré de fleurs de lys. L'intérieur en drap de laine vert à écoinçons de fils d'or. Il renferme quatre boîtes en ivoire très finement gravé, à décor en grisailles, sur l'intérieur et l'extérieur du couvercle, d'amours musiciens ou singeant des scènes mythologiques. Sur des fonds rouge, chamois, brun ou blanc. Ces boîtes renferment des jetons aux couleurs. Hors tout : Long : 19,5 - Larg : 15 cm. Boîte : H : 1,5 - L : 8 - P : 6 cm. Estimation : 10 000 / 12 000 €
Dans les premières décennies du XVIIIe siècle, nous assistons à l'enrichissement exceptionnel de nombreuses familles parisiennes issues du monde de la finance et de la banque, de l'aristocratie et même certains membres de l'artisanat. Cela créé une catégorie de personnes désireuse de copier à leur échelle le luxe et le mode de vie oisif de la cour versaillaise. Au fil des décennies, chaque grande demeure se voit ainsi agrémenter d'une salle de jeux ou salon de compagnie dans laquelle l'on s'adonnait, le plus souvent le soir venu, aux plaisirs du tric trac, du quadrille, de l'hombre…et autres jeux très populaires à cette époque.
Le coffret que nous présentons renferme ses quatre boites à jetons d'origine en ivoire finement gravé et rehaussé de peintures qui porte la signature de Mariaval le jeune à Rouen, certainement l'artisan le plus célèbre dans le domaine de la tabletterie de luxe dans la première moitié du XVIIIe siècle. Quelques rares autres exemplaires sont connus, tous signés Mariaval le jeune, toutefois certains sont dits être fabriqués “à Rouen”, d'autres “à Paris”. Il ne semble pas que se soit deux artisans distincts, mais cette différence peut s'expliquer par la notoriété hors du commun que rencontra Mariaval à cette époque qui l'encouragea à établir son atelier dans la capitale après avoir été actif à Rouen. Un acte notarié daté de 1727 fait mention d'un certain “Claude-François de Mariaval, graveur du roi” ; il semble alors probable que ce graveur, certainement un graveur sur ivoire, soit l'artisan renommé dont nous parlons.
A ce jour, parmi les autres boîtes à jetons de Mariaval répertoriées, citons notamment un coffret, renfermant ses quatre boites, vendu à Paris, Millon et associés, le 5 novembre 2011, lot 261, ainsi qu'une boîte conservée au musée de Bastia ; enfin, mentionnons particulièrement deux coffrets renfermant leurs boîtes signées Mariaval à Rouen, le premier fut offert par Leonard Cunfiffe au Fitzwilliam Museum, le second appartient aux collections du Victoria & Albert Museum à Londres.
Aguttes. Vendredi 7 décembre 2012. Drouot Richelieu - Salle 1 & 7 - 9, rue Drouot - 75009 Paris

