Jérôme Bosch, La forêt a des oreilles, le champ a des yeux, vers 2500
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Jérôme Bosch (Jheronimus Bosch), La forêt a des oreilles, le champ a des yeux (Das Feld hat Augen, der Wald hat Ohren), vers 1500. Dessin à la plume et à l'encre sur papier, environ 20,2 × 12,7 cm. Inv. 549, Kupferstichkabinett (Cabinet des estampes et des dessins), Berlin.
Le dessin est une transcription littérale d'un dicton médiéval très courant à l'époque de l'artiste : « Le champ a des yeux, la forêt a des oreilles ; je veux voir, me taire et écouter ». Le message central exhorte à la prudence, à la discrétion et à la retenue dans un monde hostile où l'on est constamment épié.
Bosch donne vie à ce proverbe de manière littérale et surréaliste en parsemant le sol de sept yeux ouverts et en insérant deux grandes oreilles humaines au cœur du feuillage de la forêt à l'arrière-plan.
Postée au cœur d'un arbre creux et desséché, la chouette est un motif récurrent et ambivalent chez Bosch. Si elle représente parfois la sagesse ou la vigilance, elle incarne plus souvent chez lui la tromperie, le péché caché ou les forces de la nuit qui guettent dans l'ombre.
Au pied de l'arbre, on distingue un renard et un coq, tandis que des oiseaux volent et piaillent autour des branches mortes, renforçant l'atmosphère de ruse et de tension inhérente à la nature.
En haut du dessin, une note manuscrite indique : « Miserimi quippe est ingenii semper uti inventis et numquam inveniendis », ce qui se traduit par : « C'est le propre des esprits les plus pauvres de toujours utiliser des inventions déjà faites et de ne jamais en découvrir de nouvelles ». Cette phrase souligne la vision artistique très avant-gardiste et indépendante de Bosch.