"CANALETTO - GUARDI Les deux maîtres de Venise" @ Musée Jacquemart-André
Canaletto (Antonio Canal, dit) - La place Saint-Marc, vers l'Est, 1723 : Huile sur toile 141,5 x 204,5 cm Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza © Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid
Canaletto (Antonio Canal, dit) - Le Grand Canal avec l’église San Geremia, le palais Labia et l’accès à Cannaregio : Huile sur toile, 46 x 78,4 cm - Londres, The Royal Collection, lent by Her Majesty Queen Elizabeth II Supplied by Royal Collection Trust © HM Queen Elizabeth II 2012
PARIS - Pour la première fois en France, le Musée Jacquemart-André présente une exposition consacrée aux deux plus grands noms de la veduta : « Canaletto – Guardi, les deux maîtres de Venise ». Spécialiste internationalement reconnue des peintures de vues du XVIIIe siècle italien, Bożena Anna Kowalczyk réunit pour l’occasion plus d’une cinquantaine de chefs-d’oeuvre qui rendent gloire à Venise, et dont certains n’ont encore jamais été présentés dans des expositions temporaires.
De ses origines jusqu’à son épanouissement et son apogée, la veduta est révélée dans toute sa diversité à travers les principaux maîtres du genre, et notamment les deux plus importants : Antonio Canal, dit Canaletto et Francesco Guardi. Autour d’eux : Gaspar van Wittel, Luca Carlevarijs, Michele Marieschi et Bernardo Bellotto.
Francesco Guardi, Le Grand Canal avec l’église San Geremia, le palais Labia et l’accès à Cannaregio, Vers 1769 : Huile sur toile, 72,5 x 120 cm, Munich, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Alte Pinakothek © BPK, Berlin, Dist. RMN - © image BStGS – Sammlung HypoVereinsbank, Member of UniCredit
Francesco Guardi, Le Canal de la Giudecca et le Zattere, Vers 1758 : Huile sur toile, 72,2 x 119,3 cm, Madrid, Collection Carmen Thyssen-Bornemisza, en dépôt au Museo Thyssen-Bornemisza © Colección Carmen Thyssen-Bornemisza en depósito en el Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid
Cet événement au Musée Jacquemart-André est réalisé grâce au soutien des plus grands musées européens et américains comme la Frick Collection (New-York), le Philadelphia Museum of Art (Philadelphie), le British Museum (Londres), la National Gallery (Londres), le Louvre (Paris), l’Alte Pinakothek (Münich), le Musée Thyssen-Bornemisza (Madrid)... Il s’appuie également sur de prestigieuses collections comme la Collection Royale de la Couronne britannique dont les toiles de Canaletto répondent admirablement à celles de la collection permanente d’Edouard André et Nélie Jacquemart.
Francesco Guardi, Le Canal de Cannaregio, avec le Palazzo Surian-Bellotto, l'ambassade de France : Huile sur toile, 48,9 x 77,5 cm, New York, The Frick Collection, Gift of Miss Helen Clay Frick, 1984 © The Frick Collection
Ce genre, l’un des plus aimés du public, fut avant tout collectionné par les cours royales et les collectionneurs fortunés italiens, anglais et allemands. La couronne britannique possède la plus importante collection de peintures et de dessins de Canaletto. La Dottoressa Bożena Anna Kowalczyk, commissaire générale de cette exposition au musée Jacquemart-André, a obtenu le prêt, gracieusement concédé par la Reine Elizabeth II, de huit oeuvres exceptionnelles qui seront exposées pour la première fois à Paris.
Francesco Guardi, Le Doge part pour le Lido à bord du Bucintoro, le jour de l’Ascension, 1775-1780 : Huile sur toile, 66 x 101 cm, Paris, Musée du Louvre, département des Peintures Saisie révolutionnaire de la collection du comte de Pestre de Seneffe, 1797 © RMN (Musée du Louvre) / Béatrice Hatala
Canaletto (Antonio Canal, dit), Le Doge part pour le Lido à bord du Bucintoro, le jour de l’Ascension, 1766 : Plume, encre brune, aquarelle grise et blanc de céruse (oxydé) sur trace de crayon, 39 x 55 cm, Londres, The British Museum © The Trustees of the British Museum
Face à face entre védutistes
Dans un jeu scénographique et didactique qui fait dialoguer les toiles des védutistes, Bożena Anna Kowalczyk met plus particulièrement en regard la filiation entre Canaletto et Guardi. Les comparaisons mises en scène au Musée Jacquemart-André démontrent comment certaines vues de Venise peintes par Canaletto dans sa jeunesse ont pu influencer Guardi, mais aussi Bellotto et Marieschi. L’exposition amène à apprécier les différences de style, la manière dont les uns et les autres s’attachent à rendre la perspective, la lumière, l’architecture… On appréciera particulièrement dans la peinture de Canaletto une recherche de luminosité intense et une rigueur quasi scientifique dans le rendu des détails et des architectures. Le Musée Jacquemart-André rend par ailleurs un bel hommage à Guardi à l’occasion du trois-centième anniversaire de sa naissance, et présente plusieurs chefs-d’oeuvre de celui qui a magnifié Venise avec une grande sensibilité et liberté de style.
Canaletto (Antonio Canal, dit), Le Campo Santi Giovanni e Paolo Vers 1738 - 1739 : Huile sur toile, 46,4 x 78,1 cm, Londres, The Royal Collection, lent by Her Majesty Queen Elizabeth II Supplied by Royal Collection Trust © HM Queen Elizabeth II 2012
Francesco Guardi, Le Campo Santi Giovanni e Paolo : Huile sur toile, 73 x 121 cm Paris, Musée du Louvre, département des Peintures Don de Mme Deutsch de la Meurthe, suivant le vœu de son mari, 1919 © RMN (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Des campi aux lagunes de Venise sans oublier ses légendaires fêtes et cérémonies, magnifiquement représentées par Canaletto avec ce spectaculaire chef-d’oeuvre intitulé « Régate sur le Grand Canal » (prêté par le Bowes Museum, Barnard Castle), ce sont tous les visages et le faste de la Sérénissime qui sont révélés au Musée Jacquemart-André.
Canaletto (Antonio Canal, dit), Régate sur le Grand Canal, Vers 1732 : Huile sur toile, 149,8 x 218,4 cm, Durham, The Bowes Museum, Barnad Castle © The Bowes Museum, Barnard Castle, County Durham, England
Mais l’on découvre également une facette moins connue de la production des védutistes : celle des « caprices ». Au milieu de ruines gagnées par la végétation, on reconnaît dans ces paysages fantaisistes des éléments d’architecture classique. Ainsi est décomposée puis recomposée la réalité vénitienne, dans des vues imaginaires et poétiques.
Francesco Guardi, Caprice vénitien avec un portique, Vers 1778 - 1780 : Gouache sur carte, 55,5 x 38 cm, Paris, Musée Jacquemart-André - Institut de France © Studio Sébert Photographes
Canaletto (Antonio Canal, dit), Caprice avec ruines : Huile sur toile, 53 x 66,7 cm, Londres, The Royal Collection, lent by Her Majesty Queen Elizabeth II Supplied by Royal Collection Trust © HM Queen Elizabeth II 2012
Canaletto (Antonio Canal, dit), Caprice avec architectures en ruine : 178 x 322 cm, Collection privée suisse © Raccolta Privata Svizzera
Bernardo Bellotto, Caprice avec un arc de triomphe sur le bord de la lagune, 1743 : Huile sur toile, 40,5 x 49 cm, Asolo, Museo Civico © Museo di Asolo
Musée Jacquemart-André. 14 septembre 2012 – 14 janvier 2013













