Cassolette en « athénienne ». Paris, époque Louis XVI, vers 1775 - 1780
Cassolette en « athénienne ». Paris, époque Louis XVI, vers 1775 - 1780. Photo Kohn
Bois doré et rechampi blanc, bronze et laiton. H. 95 cm, diam. 44 cm - Estimation : 150 000 / 200 000 €
Cette cassolette en athénienne en bois sculpté, doré et rechampi blan
Cest l'un des meubles les plus emblématiques de l'engouement pour le néoclassicisme, directement inspiré du mobilier romain antique.
Elle est constituée d'un piètement tripode sinueux finement sculpté et ponctué d'enroulements à larges feuilles d'acanthe. Chacun de ces montants est rythmé par un décor de sequins.
La ceinture de forme circulaire bordée de rais-de-coeur est parcourue d'une frise de rinceaux et de fleurettes.
Elle accueille un profond bassin en laiton terminé par une pomme de pin.
Elle est coiffée d'un superbe couvercle en bronze ajouré à décor de quartefeuilles dans un treillage losangique. Ce décor se poursuit sur le centre en formant un dôme de feuillage terminé par un bouton de préhension. Ces ajours avaient pour fonction de laisser échapper les senteurs qui étaient disposées au fond du bassin. L'ensemble de la composition repose sur un socle échancré orné en son centre d'une pomme de pin reprenant celle de l'amortissement du bassin. C'est l'une des créations les plus originales et des plus élégantes du mobilier de l'époque Louis XVI, en réponse à l'engouement pour l'antiquomanie des grands personnages du royaume. Ce type de création trouve sa source dans les trépieds d'époque romaine, souvent réalisés en bronze mis à jour lors des fouilles d'Herculanum et de Pompéi . Ces nouvelles formes furent reprises et réinterprétées par les grands artisans du règne de Louis XVI en leur donnant de nouvelles fonctions, non plus voué au culte, mais comme objet domestique de brûle-parfum.
Le couvercle ôté, elle pouvait servir de jardinière voire de bassin à poissons. Là encore, ce meuble souhaite remettre au goût du jour les pratiques de l'Antiquité et va devenir un élément indispensable du décor intérieur néoclassique.
Le Musée Nissim de Camondo à Paris conserve dans ses collections un exemplaire similaire à celui que nous présentons aussi bien dans sa forme que dans la qualité et la richesse de son décor sculpté.
Il est également pourvu d'un bassin et d'un couvercle ajouré aux motifs similaires.
Elle était réputée avoir été offerte par Madame du Barry à l'église Saint-Jérôme de Toulouse. L'invention de ce trépied baptisé « athénienne » est due à Jean-Henri Eberts, banquier et amateur d'art, en 1773 lorsqu'il découvrit le tableau de Joseph-Marie Vien, la Vertueuse Athénienne .
Il va alors décider de créer un petit meuble s'inspirant de celui présent dans le tableau ; le succès fut considérable et immédiatement adopté par Madame du Barry à Louveciennes.
Sous le Consulat et l'Empire, l'attrait pour ce meuble, parfait symbole de l'Antiquité retrouvée, va se poursuivre. Les plus grands faiseurs de l'époque comme Jacob-Desmalter ou Biennais vont s'en emparer et étendre son usage à la toilette ; l'athénienne deviendra alors « lavabo » . Au regard de sa grande qualité d'exécution et de sa forme qui sut séduire les plus grands dignitaires de l'époque, il est très probable que ce meuble garnissait un très bel appartement parisien d'un richepropriétaire pétri de culture antique.

